Projet 2

(Sans titre)

Par Nimis groupe

Là on a fait un beau camp

et ce beau camp,

on va pouvoir l’exporter,

et ça c’est une chance

pour la France.

Antoine Houdebine, Dirigeant de l’entreprise Logistic Solutions

Mais alors, d’où vient ce réflexe d’enfermement face à toute

personne jugée indésirable ?

 

Il y a sur tout le territoire européen, des lieux qui enferment ceux que l’on veut rendre invisibles. Et ils se multiplient. Vantés comme des outils efficaces et incontournables des politiques migratoires, ou brandis aux yeux de potentiels nouveaux venus pour les dissuader de prendre route vers l’Europe, ces lieux de contrôle et de surveillance privent de liberté et soumettent à un régime carcéral des personnes qui n’ont commis d’autre crime que de ne pas être en ordre de séjour sur le territoire européen.

 

Mais l’enfermement ne s’exerce pas seulement dans les centres fermés pour étrangers en situation irrégulière en Europe. Partout dans le monde, les camps de réfugiés deviennent des laboratoires où s’expérimentent des outils de surveillance de plus en plus sophistiqués au mépris de la protection des données personnelles et du respect des droits civiques et humains. Calais a connu des containers où les exilés devaient se soumettre au contrôle palmaire pour accéder à leurs lits ; en Jordanie, les réfugiés passent chaque jour leur iris au scanner pour qu’on leur délivre le lot de nourriture auquel ils ont droit.

Pour obtenir une aide humanitaire dans un camp, les réfugiés se voient obligés de renoncer aux droits de travailler, de circuler, de s’établir, de protester, d’avoir une vie privée, etc.

Plus vraiment des personnes, ils deviennent de pures données ou plutôt une population-test idéale pour des entreprises à la recherche de terrain d’expérimentation de leurs futurs produits.

Si l’on suspendait un instant la pensée selon laquelle les organisations humanitaires sont les seules capables de venir en aide aux populations qui en ont besoin, on commencerait à croire qu’elles risquent de dépouiller les réfugiés de leur liberté pour les livrer à la gestion d’entreprises privées florissant dans le domaine de la surveillance.

 

Enfin, ces systèmes de surveillance testés dans les enceintes des camps et des centres ne visent-ils pas, au-delà des réfugiés, les sociétés civiles ? En construisant la figure du réfugié, en le réduisant à une victime à secourir, nous, “citoyens libres”, ne sommes-nous pas en train d’oublier que nous oeuvrons, par là même, à notre propre mise sous surveillance ? Pensant protéger sa liberté, celui qui enferme ne prépare-t-il pas à son propre enfermement ?

 

Ce que nous faisons est plus grand que notre capacité de nous en faire une image.

Gunther Anders - Nous, fils d’Eichmann

Fidèle à la méthodologie expérimentée pour son premier spectacle Ceux que j’ai rencontrés ne m’ont peut-être pas vu, le NIMIS Groupe initie cette nouvelle création à travers une enquête au long cours, à la rencontre de divers acteurs de l’accueil et de la rétention des personnes exilées : architectes, avocats, militants, détenus, policiers, ingénieurs, entrepreneurs, chercheurs, humanitaires recyclés dans le conseil aux grandes entreprises, membres du HCR, etc.

 

Cette enquête fera l’objet d’un travail d’écriture qui vise à plonger le spectateur dans la multiplicité des facettes des lieux d’enfermement des exilés.

Le NIMIS Groupe proposera au public d’assembler les pièces technologiques, humaines, économiques, poétiques et sensibles d’un puzzle dont la reconstitution ludique produira pourtant l’image d’une machine aux rouages extrêmement complexes.

Communication, innovations techniques, discours compatissant, les camps sont en effet l’objet de considérations contradictoires dont le public comprendra au fur et à mesure les enjeux.

 

Sur scène, pas de reproduction d’images compassionnelles d’enfant malade, au chevet duquel se penche un homme vêtu du gilet d’une grande organisation humanitaire.

Le spectacle s’appuiera essentiellement sur la parole de personnes fréquentant de près ou de loin ces dispositifs d’enfermement.

Ce sont à travers ces paroles, incarnées par les acteurs du NIMIS groupe, dont certains ont connu l’endroit et l’envers des multiples dispositifs d’aide ou de rétention pour migrants, que le spectateur se représentera ce qu’est aujourd’hui un camp, ce que les tentes et abris de fortune continuent de charrier du passé, ce que les nouvelles technologies qui s’y exercent suggèrent d’une science-fiction déjà réelle, ce que les actions menées sur d’autres, ailleurs, révèlent et présagent de l’organisation de nos vies.

 

 Equipe de création : 

 

Ecriture et conception collective : Jeddou ABDEL WAHAB, Dominique BELA, David BOTBOL, Romain DAVID, Pierrick DE LUCA, Tiguidanke DIALLO, Jérôme de FALLOISE, Olivia HARQUAY, Yaël STEINMANN, Anne-Sophie STERCK, Sarah TESTA & Anja TILLBERG.

Direction technique et lumières : Nicolas MARTY

Création sonore : Florent ARSAC

Chargée de production : Quai 41

Distribution en cours

 Contact : 

 

Christine Cloarec :

christine@quai41.be

Tel : +32. (0)2.217.88.08

 

www.nimisgroupe.com

 

 

 

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